vendredi 22 août 2014

Les fouilles préventives de l'INRAP sur la Place Saint-Germain (01)

Les fouilles préventives commencent (enfin) Place Saint-Germain...


Elle vont durer jusqu'en janvier 2015, si cela se justifie...


Après le fin de la première phase du chantier du métro sur la Place Saint-Germain (la création du mur d'enceinte qui contiendra la future station), les spécialistes de l'I.N.R.A.P. sont arrivés pour faire leur œuvre... Enfin !

Ça ne traîne pas et les premières tranchées sont déjà largement ouvertes.

Les fouilles en cours au nord-ouest de la Place - Jeudi 21 Août 2014 - Photo Erwan Corre

Il y a encore beaucoup d'incertitudes sur ce que vont pouvoir trouver les scientifiques sur le site. Autant les premières fouilles de 2009 et de 2011 avaient-elles confirmé ce que l'on soupçonnait déjà, autant on rentre dans le dur !

Les premières tranchées effectuées au nord-ouest montrent les fondations des maisons - du XVIème /XVIIème - encore présentes avant la guerre et qui furent détruites par les bombardement de 1944... On voit là le sol rougeoyant, témoignant des brasiers, et des destructions, qui sont encore présents dans les mémoires.

Les spécialistes s'accordent pour dire qu'il n'y aura pas grand-chose à trouver plus profondément (le cours sinueux de la Vilaine toute proche et seulement canalisée qu'au milieu du XIXème excluant - a priori - toute trace d'urbanisation plus ancienne)... mais on ne sait jamais...

Le sol rouge, trace d'incendie de 1944

L'ancienne route pavée
De la vaisselle et des pièces de monnaie, peut-être un fonds de caisse d'un ancien commerce...

La dive bouteille...

Et, depuis le 26 août, c'est la zone de "Ilôt Chat qui Pêche", au 2-4 rue des Francs Bourgeois, qui est elle aussi en cours de fouille...

Les fouilles en cours au niveau de l'ancien "Chat qui Pêche" - Mardi 26 Août 2014 - Photo Erwan Corre

Vue générale des fouilles sur la place Saint-Germain - Mercredi 05 Novembre 2014
Vue générale des fouilles sur la place Saint-Germain - Mercredi 05 Novembre 2014 - Photo Erwan Corre


Et là, sur un plan de la Ville de Rennes en 1685, pour situer la Place Saint-Germain dans le contexte urbain en cours de prospection...

La situation de la Place Saint-Germain au XVIIe - Extrait du plan de la Ville de Rennes dressé par Hévin en 1685
La situation de la Place Saint-Germain au XVIIème - Extrait du plan de la Ville de Rennes dressé par Hévin en 1685

Et ici, pendant ce temps-là, Google met à jour ses cartes... et nous montre la place lors des fouilles archéologiques de l'Inrap en septembre 2014...

La Place Saint-Germain... vue du ciel - Septembre 2014 - ©GoogleEarth
La Place Saint-Germain... vue du ciel - Septembre 2014 - ©GoogleEarth

A suivre sur ces pages...


Plus d'infos :
L'exposé des fouilles de l'Inrap par Laurent Beuchet pour les Journées Nationales de l'Archéologie aux Champs Libres de Rennes : "Le passé de la Place Saint-Germain enfin révélé..." (Juin 2015)
Les fouilles préventives de 2009 : "Les anciennes portes de la ville sortent de terre..."
Les fouilles préventives de 2011 : "Sous nos yeux, l'histoire se révèle en direct !"
Les fouilles approfondies l'I.N.R.A.P. de 2014
Les fouilles approfondies l'I.N.R.A.P. de 2015
Premier bilan des fouilles de l'INRAP sur la Place Saint-Germain (Mars 2015)
6 mois de fouilles sur Place Saint-Germain... en 2 minutes...
Portes ouvertes sur les fouilles de l'INRAP Place Saint-Germain pour les Journées du Patrimoine 2014
"Les trésors de la place Saint-Germain" (Article Ouest-France - 29 Janvier 2015)
Le site de la région Bretagne dédié au patrimoine

jeudi 7 août 2014

Les travaux du métro - Panoramiques (04)

Fin de la première phase du chantier du métro


Station Saint-Germain


En ce début du mois d'août, la première phase du chantier se termine, enfin... On démonte les machines et les silos, les moments de calme se font plus nombreux...

Le chantier a pris plus de 2 mois de retard et l'affaire va se compliquer pour les géologues qui ont mal expertisé le sol : les blocs de schiste épars qui se trouvaient dans le sous-sol profond n'ont pas été détectés et les machines ont souffert pour parvenir à leurs fins...

Ce mercredi 6 août, on procède à de nouveaux forages sur le chantier pour rattraper le coup mais la passage du tunnelier sous la Place s'annonce plus délicat que prévu...

La Place vue depuis la rue du Vau Saint-Germain - Mercredi 6 Août 2014 - Photo Erwan Corre
Voir la version haute-définition sur Wikicommons

La Place vue depuis le transept sud de l'église Saint-Germain - Mercredi 6 Août 2014 - Photo Erwan Corre
Voir la version haute-définition sur Wikicommons

La Place Saint-Germain en travaux - Mercredi 6 Août 2014 - Photo Erwan Corre
Voir la version haute-définition sur Wikicommons

La Place Saint-Germain en travaux - Mercredi 6 Août 2014 - Photo Erwan Corre
Voir la version haute-définition sur Wikicommons

Puis, ce lundi 18 août, on retrouve la place nette... Les gars de l'Inrap sont déjà arrivés : fouilles archéologiques en vue !...

La Place Saint-Germain en travaux, on voit la camionnette de l'INRAP - Lundi 18 Août 2014 - Photo Erwan Corre
La Place Saint-Germain en travaux, un peu plus tard... Lundi 18 Août 2014 - Photo Erwan Corre


Plus d'infos :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Saint-Germain_métro_rennais
Le site de Rennes Métropole
Les fouilles approfondies l'I.N.R.A.P. de 2014
Les fouilles préventives de 2009 : "Les anciennes portes de la ville sortent de terre..."
Les fouilles préventives de 2011 : "Sous nos yeux, l'histoire se révèle en direct !"
Les fouilles approfondies l'I.N.R.A.P. de 2014 (01)
Les fouilles approfondies l'I.N.R.A.P. de 2014 (02)
Photos panoramiques des environs (2014/15)
Les travaux du métro - Panoramiques (06) - Août 2015
Les travaux du métro - Panoramiques (05) - Mai 2015
Les travaux du métro - Panoramiques (03) - Mai 2014
Les travaux du métro - Panoramiques (02) - Avril 2014
Les travaux du métro - Panoramiques (01) - Mars 2014

samedi 2 août 2014

La place Saint-Germain martyrisée par les bombardements de 1944

Après les bombardements, la Place Saint-Germain relève le défi de sa reconstruction


Les destructions ont permis de modifier profondément le visage de la place, qui est devenue celle d'aujourd'hui...


On se souvient à peine de la situation de la Place Saint-Germain après la guerre. La moitié du quartier est en ruine, les habitants vivent parmi les décombres, les habitations sont pour la plupart vacillantes après le souffle destructeur des bombes tombées là... La Place est touchée dans sa chair...

Pourtant, il faut bien vivre, et les initiatives se multiplient pour redonner à la Place, à la ville, une vie qui ne demande qu'à être "normale". Nous sommes en 1948...


La Place Saint-Germain après les bombardement du 8 Juin 1944... Les immeubles devant l'Église ont disparu...
La Place Saint-Germain après les bombardement du 8 Juin 1944... Les immeubles devant l'Église ont disparu...



1948
La place tente d'effacer les stigmates de la guerre



Article extrait de Ouest-France du 23 juin 1948



POUR LA RÉFECTION DE L'ÉGLISE ST-GERMAIN

Article extrait de l'Ouest-Éclair du 10 juin 1944 - Edition locale - Les bombardement anglo-américains sur Rennes Une grande et intéressante kermesse se déroulera les 2, 3 et 4 juillet prochains dans les locaux de la rue St-Georges

L'église Saint-Germain de Rennes est assurément l'un des joyaux artistiques de notre ville. Hélas ! elle a beaucoup souffert des bombardements et, après avoir été fermée au culte pendant de longs mois, elle vient, enfin, de rouvrir ses portes pour accueillir les fidèles de la paroisse ainsi que ses nombreux amis.

Classée "monument historique", l'église Saint-Germain appartient à tous les Rennais… C'est pourquoi M. le chanoine Lamoureux, le dévoué curé de la paroisse, ainsi que ses vicaires, MM. les abbés Girard et Chevrier, et M. l'abbé Vigour, maître de chapelle, n'ont pas hésité faire appel à toute la population rennaise pour lui demander de les aider à réparer leur église, ces réparations étant effectuées sous la direction de M. Cornon, architecte en chef des Beaux-Arts, qui s'attache à redonner à la vieille église son cachet des premiers temps.

Les travaux de réfections avancent rapidement… mais ils coûtent cher. C'est la raison de la kermesse du 2, 3, 4 juillet. Les visiteurs de cette kermesse sont assurés du reste de réaliser de très bonnes affaires. Car les comptoirs seront nombreux et fort bien garnis et les attractions retenues seront de qualité.

Nous auront l'occasion de revenir sur le programme de ces trois journées qui ne manqueront pas d'attirer dans les accueillantes salles et dans le jardin du presbytère de St-Germain, 15, rue St-Georges, une foule des plus nombreuses.

RETENEZ BIEN CES DATES : 2, 3 ET 4 JUILLET, ET CE BUT :
KERMESSE DE ST-GERMAIN AU PRESBYTERE DE LA PAROISSE, 15, RUE ST-GEORGES

© Service des archives de Ouest-France



Article extrait du Ouest-France du 26-27 juin 1948

Photo de l'église Saint-Germain en feu prise le matin du 9 juin 1944 par Georges Bourges
Photo prise le matin du 9 juin 1944 par Georges Bourges

POUR LA RESTAURATION DE L'ÉGLISE

Article extrait de l'Ouest-Éclair du 10 juin 1944 - Edition locale - Les bombardement anglo-américains sur Rennes St-Germain organise les 2, 3 et 4 juillet une grande et intéressante kermesse

Au matin du 9 juin 1944, le quartier Saint-Germain apparaissait sous l'aspect que révèle la photographie que nous publions ci-dessus, et qui fut prise à l'insu des Allemands qui étaient encore à Rennes et qui interdisaient de photographier, par notre actuel chef des Services Photographiques M. Georges Bourges. L'incendie allumé par les bombes fait rage. L'église est toujours debout. Mais on ce rend compte à la vue des ruines qui s'accumulent alentour qu'elle n'a pu sortir indemne de cette nuit tragique.

Rares sont les Rennais qui n'ont pas visité l'église Saint-Germain depuis que les travaux de restauration sont commencés et tous sont restés extasiés et surpris sur l'ampleur des travaux entrepris.

En effet, sous la haute et habile direction de M. Cornon, architecte des Monuments Historiques, un chantier imposant s'y est ouvert et les travaux, menés de main de maître, sont actuellement très avancés. Une forêt de madriers savamment disposée a permis d'effectuer la réfection totale de la voûte sans que le culte paroissial n'en souffre trop et d'ici quelques semaines, c'est un bijou que M. le chanoine Lamoureux recevra des mains de M. Cornon.

Mais tous ces travaux, toutes ces transformations, tout ce rajeunissement coûtent fort cher et la petite paroisse de St-Germain courbe l'échine sous les charges écrasantes d'un budget très lourd.

C'est pourquoi, confiante quand même, elle fait appel à tous les Rennais pour qu'ils viennent nombreux à la grande kermesse organisée dans les locaux du presbytère de Saint-Germain, 15, rue St-Georges, les 2, 3 et 4 juillet prochains.

Tout en faisant une excellente affaire aux comptoirs bien garnis qui s'offriront à eux, les Rennais contribueront aussi à une bonne et grande œuvre et aideront à faire de l'église Saint-Germain le joyau de la ville de Rennes.

Retenez bien ces dates : 2, 3 et 4 juillet et d'avance merci.

© Service des archives de Ouest-France

1949
Après guerre, une reconstruction qui tarde...



Article extrait de Ouest-France du 17 février 1949 annonçant la démolition de la maison à l'angle de la Place Saint-Germain et de la rue des Francs-Bourgeois

Encore une maison qui menace ruines… et seize personnes vont se trouver sur la rue


La maison condamnée, à l'angle de la Place Saint-Germain et de la rue des Francs-Bourgeois
Encore une maison condamnée… Encore tout un groupe de personnes qui va être obligé d'abandonner leur foyer et qui, du jour au lendemain, vont se trouver sans abri.
C'est, à l'angle à l'angle de la Place Saint-Germain et de la rue des Francs-Bourgeois, une bâtisse qui, évidemment, n'apparaît pas d'une extrême jeunesse. Pourtant, en dépit de l'incurvation de la façade - notamment sur la rue des Francs-Bourgeois - on pouvait penser que cette maison demeurait habitable. Hélas ! Les techniciens viennent de se prononcer. Et M. Lemoine, architecte de la ville que nous avons rencontré sur un chantier voisin nous parlait lui-même en ces termes :

"Appelé à donner mon avis sur cette maison, j'ai été dans l'obligation de la condamner. L'une des deux cheminées qui traversent l'immeuble est toute fissurée et menace de s'écrouler en entraînant charpente et mur. Peut-être cette maison sera-t-elle encore debout dans six mois. Mais il se pourrait qu'elle s'écroule demain… Il était donc de mon devoir de signaler le danger…"

Bien sûr, les habitants comprennent la position de l'architecte. Mais, ce qu'ils comprennent moins, c'est le court délai qui leur est donné pour déménager. Chacun d'eux, en effet, a reçu une sommation par huissier d'avoir à vider les lieux dans les quarante-huit heures. Surtout que, pas plus à la Mairie qu'à la Préfecture, on n'a pu leur indiquer un abri. Pour ces nouveaux sinistrés, la situation est d'autant plus grave qu'il s'agit de trois petits commerçants - un débit, une épicerie et une horlogerie - qui, l'immeuble devant être abattu, vont perdre la valeur de leur fonds de commerce.

Nous l'avons dit déjà : le problème du relogement est devenu d'une tragique actualité. Car la maison de la place Saint-Germain n'est malheureusement pas un cas unique. Nous en avons signal de nombreux et M. Lemoine nous rappelait celui de la rue Saint-Georges où, chaque jour, des habitants qui non pas voulu partir, parce qu'ils n'ont pas d'autre abri, risque d'être écrasés sous les débris d'une maison qui s'affaissent un peu plus à mesure que s'écoulent les heures.

Souhaitons ardemment que des abris aient pu être trouvé pour tous ces "sinistrés" avant d'avoir à enregistrer une catastrophe.
© Collection particulière, Droits Réservés



Photographie aérienne du quartier Saint-Germain réalisée en mai 1949
Photographie aérienne du quartier Saint-Germain réalisée en mai 1949

La reconstruction se fait attendre comme on peut le voir sur cette photo aérienne publiée dans l'édition du Ouest-France du 7-8 mai 1949. La même année, une souscription est lancée pour la réparation de l'église Saint-Germain durement touchée. Il faudra attendre encore plusieurs années pour voir de nouveaux immeubles sortir de terre.

Tout cela est bien loin maintenant...

Il n'en reste pas moins quelques souvenirs...


1953
Une nouvelle Place Saint-Germain



Le quartier Saint-Germain est enfin reconstruit à partir de 1953. L'importance croissante de l'automobile pousse la municipalité à opter pour la création d'une place publique dédiée au stationnement.

Des immeubles de logement avec commerces au rez-de-chaussée la bordent à l'est. Le nouvel aménagement respecte le plan d'alignement décidé en 1840.

Le plan de réaménagement de la Place Saint-Germain de 1953 - © Archives de Rennes - Cote 1937W33

Et nous y sommes encore...




Merci à la SEMTCAR, Rennes Métropole, Ouest-France et le Wiki-Rennes pour avoir collecté et synthétisé toutes ces informations que vous pouvez retrouver en grande partie sur les panneaux d'informations placés sur les palissades du chantier de la Place Saint-Germain.


Plus d'infos :
Les bombardements du 8 et 9 juin 1944 sur Rennes sur WikiRennes
Histoire de Rennes - Les bombardements de 1944 sur Wikipedia
« Le bombardement du 8 mars 1943 sur Rennes... » - Podcast d'Ici Rennes (Novembre 2020)
La libération de Rennes sur le site Liberty Ship
Vichy et le bombardement de Rennes par Erwan LE GALL
Les archives de l'INA : Les funérailles officielles après le bombardement...

Articles connexes :
Les bombardements de 1944 sur la place Saint-Germain...
Une bombe place Saint-Germain ! (Avril 2013)
Une autre bombe place Saint-Germain ! (Octobre 2014)

samedi 26 juillet 2014

Opération "Drapeau Noir" sur la Place Saint-Germain...

Les commerçants et les riverains protestent silencieusement...

Contre la mort lente et sûre de la vie sur la Place


Depuis quelques jours fleurissent des drapeaux noir sur les devantures des boutiques, cafés et restaurants de la Place...

Quelques habitants ont suivi le mouvement de protestation en accrochant les mêmes bannières funèbres.

C'est le genre de chose que l'on fait par dépit et surtout parce qu'il est toujours difficile de ne rien faire contre des forces - des enjeux - qui nous dépassent.

Puisque la Place est condamnée à subir encore 5 ans de travaux, parce que les commerçants, déjà impactés par la crise, se retrouvent maintenant pour la plupart acculés à la faillite - au bout de seulement quelques mois de travaux...

Et que la saison touristique ne suffit pas à relever la barre...

Bref, l'opération "drapeau noir" permettra au moins d'alerter les passants et leur donnera peut-être l'idée de nous aider, d'une manière ou d'une autre, à passer ce cap difficile...






Affaire à suivre...


Articles connexes :
"Ce qu'enregistrent les micros sur Place", des nuisances insupportables...
Les abords du chantier du métro de la Place Saint-Germain
Une nouvelle signalétique pour les piétons autour de la Place Saint-Germain
C'est la crise dans le quartier (01) : la rue du Vau Saint-Germain...
C'est la crise dans le quartier (02) : autour de la place Saint-Germain...
"Dans le centre-ville de Rennes, des boutiques à la peine" - Ouest-France - 12/05/2015

Plus d'infos :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Saint-Germain_métro_rennais
Le site de Rennes Métropole

jeudi 24 juillet 2014

Les bombardements de 1944 sur la Place Saint-Germain...

Les bombardements de 1944 frappent la Place Saint-Germain...

Une catastrophe qui reste marquée dans les esprits et qui a eu pour conséquence de modifier profondément le visage de la place...


On ne peut plus imaginer aujourd'hui - même si on la voit à la télévision ou au cinéma - ce qu'est la guerre, la vraie guerre, dans nos villes et nos quartiers...

De l'angoisse, de la peur, pour soi, pour les autres, avant, pendant et après les bombardements massifs qu'ont décidé de mener les alliés pour en finir définitivement avec l'occupation allemande sur notre sol et surtout en cette année 1944 pour Rennes. La ville ne fut pas la seule à souffrir dans sa chair (je suis Brestois de naissance...).

Rennes est bombardée à trois reprises en juin 44 pendant la bataille de Normandie...
Le 8 juin, les bombardiers Martin B-26 Marauder américains reçoivent l'ordre de bombarder la gare centrale de triage utilisée par la 17e Panzerdivision qui remontait vers le nord de la France pour affronter la tête de pont alliée en Normandie. Le 9 juin, la Royal Air Force bombarde des cibles stratégiques allemandes. Trois jours plus tard, les Boeing B-17 Flying Fortress de l'US Air Force mènent à nouveau plusieurs raids contre la ville, dont quelques uns seront interceptés par les Messerschmitt Bf 109 de la Luftwaffe et d'autres abattus par les canons Flak de la défense antiaérienne allemande...

Le bilan final pour Rennes fera état de 655 victimes en incluant les premiers bombardement qui ont débutés dès février 1943... Je connais encore des gens qui ont perdu des membres de leur famille dans ces raids.

Pour la Place Saint-Germain, il est important de revenir sur les deux épisodes les plus dramatiques de cette période dont celui du 8 mars 1943, particulièrement exploités par la propagande, et ceux, plus dévastateurs du 8 et 9 juin 1944.

La Place Saint-Germain après les bombardement du 8 Juin 1944... Les immeubles devant l'Église ont disparu...
La Place Saint-Germain après les bombardement du 8 Juin 1944... Les immeubles devant l'Église ont disparu...

Et d'abord, penchons-nous sur le triste épisode du 8 Juin 1944 - le pire - en relisant la presse locale, de propagande, mais aussi les avis administratifs plus officiels à destination de la population...



Article extrait de l'Ouest-Éclair du 10-11 juin 1944 - Édition régionale

UN RAID TERRORISTE DE L'AVIATION ANGLO-AMÉRICAINE SUR LA POPULATION CIVILE DE RENNES

Article extrait de l'Ouest-Éclair du 10 juin 1944 - Edition régionale - Les bombardement anglo-américains sur Rennes
Une centaine de victimes ont été retirées des décombres.
Des quartiers entiers sont anéantis par les engins explosifs et les bombes incendiaires


RENNES, 9.
Une fois de plus, la capitale bretonne qui, déjà à de nombreuses reprises, avait servi de cible aux aviateurs anglo-américains, vient d'être, dans la nuit de jeudi à vendredi, l'objet d'un raid terroriste. En deux fois, les 8 mars et 29 mai 1943, les pilotes de la R.A.F. et les U.S.A. avaient définitivement "libéré" près d'un millier de personnes. C'est-à-dire que près de mille fosses avaient dû être ouvertes dans les cimetières de la ville pour y ensevelir les femmes, les enfants et les vieillards, les familles entières qu'avaient massacrés les aviateurs de M. Churchill.

Tout récemment encore, il n y'a que quelques semaines, la petite commune de Bruz, toute proche de Rennes, avait été complètement détruite et plus de la moitié de sa population devait être portée au nombre des victimes. Dans les hôpitaux de Rennes, on soigne encore de nombreux blessés de cette dernière tuerie, et fréquemment l'on conduit au cimetière quelques-uns de ceux qui n'ont pu survivre à leurs atroces blessures.

Tous ces drames étaient dans la mémoire de tous lorsque, dans la nuit de jeudi à vendredi, les aviateurs anglo-américains, estimant sans doute qu'ils ne s'étaient pas encore suffisamment fait connaître revinrent survoler la capitale de la Bretagne et, pendant plus d'une demi-heure, laissèrent tomber sur le plein centre de la ville, sur des maisons où dormaient paisiblement des familles entières, une véritable pluie de bombes.

Ce fut exactement un carnage. Sans souci des objectifs à atteindre, les lourds bombardiers, que voulaient pourtant guider des fusées éclairantes, déversèrent sur la malheureuse cité un chargement copieux et meurtrier.

Combien d'autres, chassés de leurs foyers détruits, se retrouvaient sur la pavé de la rue, grelottant de froid dans les sommaires vêtements de nuit avec lesquels ils avaient fui ! Que de scènes pitoyables et déchirantes que la plume se refuse à décrire !…

Lorsque le jour se leva, on put mieux encore se rendre compte du désastre. Car les familles se regroupaient et c'est alors que put être enregistré le nombre des victimes. En même temps, les sauveteurs s'attaquaient au déblaiement et déjà ils retiraient des décombres ou des maisons en feu les corps atrocement mutilés qu'ils arrachaient ainsi à l'incinération. Ils eurent également la satisfaction de sauver quelques vivants murés dans de solides abris sur lesquels s'étaient écrasés soufflées par les torpilles, des habitations importantes.

A midi, le nombre des victimes retirées des décombres, tuées ou blessées, dépassait la centaine. Mais encore une fois, il est malheureusement à craindre que ce chiffre ne soit largement dépassé, car, gênés par l'explosion des bombes à retardement, les sauveteurs ne peuvent que poursuivre lentement et avec précautions les travaux de déblaiement. Et de nouvelles victimes gisent encore sous l'amoncellement des décombres.

Dans la nuit, aussitôt après le bombardement, M.Robert Martin, préfet régional s'est rendu sur les différents lieux de la catastrophe pour diriger l'organisation des premiers secours et apporter aux familles des victimes les condoléances du Gouvernement.

Mgr Roques, archevêque de Rennes, qu'accompagnait M. le vicaire général Groult parcouru également les différents quartiers sinistrés.

Sur le Wiki-Rennes



Article extrait de l'Ouest-Éclair du 10 juin 1944 - Édition locale

LE RAID TERRORISTE SUR RENNES DE L'AVIATION ANGLO-AMÉRICAINE

Article extrait de l'Ouest-Éclair du 10 juin 1944 - Edition locale - Les bombardement anglo-américains sur RennesDurant toute la journée, les sauveteurs, bravant le danger des bombes à retardement, ont lutté contre le feu et poursuivi les travaux de déblaiement.

Nous disons pas ailleurs ce que ce raid inexplicable qui se traduisit par l'anéantissement de plusieurs quartiers de la ville et qui fit de nombreuses victimes. L'heure n'est pas venue de donner le chiffre exact des morts et des blessés, car il reste pour pouvoir en établir, un bilan exact à déblayer les amas de ruines qui s'amoncellent parfois tout au long des rues les plus longues de la ville. Et la tâche des sauveteurs n'est guère facile. Plusieurs d'entre eux, déjà, sont tombés victime de leur dévouement, frappés par les bombes à retardement qui, tout au long de la journée d'hier ont éclaté en de nombreux endroits.

Et quels ont été les objectifs touchés ? Ici tout un vieux quartier groupé autour de l'église Saint-Germain, l'une des plus belle de Rennes, qui a elle-même beaucoup souffert... là, une crèche municipale, plus loin l'immeuble d'un magasin de nouveautés, partout des foyers paisibles, et dont il ne reste plus rien.

Le Centre d'Accueil lui-même, où, lors des derniers raids terroristes l'on avait rassemblé par centaines les cadavres des malheureuses victimes, a été, cette fois, touché en plein but et ses baraquements complètement incendiés. Et c'est dans la chapelle désaffectée des bâtiments du Cercle Paul-Bert que sont maintenant réunies les dernières victimes des aviateurs américains. Combien hélas seront-ils demain ?

C'est toujours dans le moment des grandes catastrophes que l'esprit de solidarité des Français se retrouve au maximum. Une fois de plus, nous avons été à même d'en juger hier... et c'est dans la rude épreuve de la cité une apaisante consolation. Les dernières bombes étaient à peine tombées que déjà les sauveteurs se précipitaient pour essayer de sauver tous ceux qui pouvaient encore être sauvés. Pompiers de Rennes et pompiers de toutes les communes environnantes, membres de la Défense Passive, membres des Equipes Nationales, assistantes du Devoir National, infirmières et conductrices de la Croix-Rouge, anciens prisonniers, miliciens, policiers, gendarmes et combien d'autres auxquels M. le Préfet régional Martin, avant de partir pour Fougères où il doit présider samedi la cérémonie des obsèques des victimes d'un précédent raid, est venu apporter le réconfort de sa présence et les instructions d'un chef éclairé et dévoué.

Le Secours National et le C.O.S.I. étaient également sur place et dans le différent quartier ravagés par l'incendie, venaient en aide aux sinistrés et s'occupaient de soutenir les efforts des sauveteurs par la distribution de bouillons chauds et de biscuits.

Maintenant un nouvel exode commence. Effrayée — et comment ne le serait-elle pas — la population fuit Rennes par toutes les routes. Combien de femmes, d'enfants, de vieillards, se traîneront ce soir pas les chemins à la recherche d'un gîte pour la nuit... et pour repartir demain.

Les populations paysannes qui vont les voir arriver sauront, nous voulons le croire, accueillir généreusement ces malheureux.

A moins qu'ils ne rencontrent encore quelque pilote anglo-américain qui, n'ayant pas réussi à les tuer chez eux, ne vienne les mitrailler et les tuer dans leur fuite.

© Service des archives de Ouest-France

Bon, là, c'est de la propagande, bien évidemment...


Article extrait de l'Ouest-Éclair du 11 juin 1944

AVIS AUX SINISTRÉS

Le Commissariat à la Reconstruction communique :

Les propriétaires d'immeubles sinistrés, détruits ou simplement endommagés sont priés de se faire connaître d'urgence, le plus tôt possible, après chaque sinistre au Commissariat à la Reconstruction.

Ceux habitant Rennes peuvent souscrire directement leur déclaration au bureau du Service régional, 24, rue des Fossés, à Rennes. Ceux qui habitent d'autres localités du département pourront soit écrire au Service régional, soit remettre leur déclaration à la mairie de leur résidence qui la transmettra au Service régional.

Les occupants d'immeubles sinistrés qui auront subi des dégâts dans leur mobilier se feront également connaître au Commissariat à la Reconstruction, soit directement, soit par l'intermédiaire de la mairie de la commune où ils ont été sinistrés et, en cas de repli, où ils se trouvent réfugiés.

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Œuvre de la Chanson Française
— Devant les évènements actuels, la Direction de la Filiale suspend les cours de la chanson, à partir de demain dimanche.

© Service des archives de Ouest-France



UN TÉMOIGNAGE POIGNANT D'UN RENNAIS : XAVIER FERRIEU

Témoignage de Xavier Ferrieu sur le bombardements de Rennes du 8 Mars 1944

Xavier Ferrieu

Issu de l'ouvrage « Bretagne - Ille-et-Vilaine » (Collection Art et patrimoine)
Olivier Gallard et Xavier Ferrieu - 1999
ISBN-10 : 295077606X - ISBN-13 : 978-2950776068



Suite à ces bombardements qui frappent les gens et les esprits, la propagande se déchaîne :

Finalement, l'histoire retiendra que ces bombardement massifs mais mal contrôlés, ici et ailleurs, ne servirent pas vraiment à grand chose... En tout cas, les bombes ne touchèrent que rarement leur buts...


La libération de Rennes



Tout cela est bien loin maintenant...

Il n'en reste pas moins quelques souvenirs...

 


Le 4 août 2014, Rennes célèbre les 70 ans de sa libération


Trois questions à... Nathalie Appéré, maire de Rennes
« ... Je suis très attachée à cette commémoration. C'est la marque de notre reconnaissance envers les soldats américains et les résistants qui ont combattu pour la libération de notre ville... Nous nous souvenons aussi de tous les Rennais victimes de la barbarie nazie, et de ceux qui ont perdu la vie dans les bombardements. Il faut transmettre cette mémoire, et tout particulièrement aux jeunes générations, pour éveiller les consciences et éclairer l'avenir. »
« ... Rassembler les Rennaises et les Rennais de tous les quartiers et de toutes les générations autour de notre histoire, voilà ce que je souhaite. La mémoire, quand elle est partagée, nous permet de mieux vivre ensemble. Pour cela, elle doit être accessible à tous... Nous souhaitons être des passeurs d'histoire, pour mieux construire ensemble notre avenir. »
Recueilli par Vincent JARNIGON
Article de Ouest-France en page "Rennes" du 24 juillet 2014

Ouest-France


Plus d'infos :
Les bombardements du 8 et 9 juin 1944 sur Rennes sur WikiRennes
Histoire de Rennes - Les bombardements de 1944 sur Wikipedia
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vendredi 11 juillet 2014

Second incident majeur sur le chantier du métro Place Saint-Germain

Mais nous sommes de nouveau pas passés loin de la catastrophe...


Revenant du boulot vers les 13 h, je regarde par ma fenêtre... Et, que vois-je ?!

Une fontaine de boue et de graviers qui fuite de l'un des silos...

C'est normal ?




A vouloir rattraper le retard... on prend des risques et on ne vérifie pas le matériel !

Sous la pression non contrôlée, le bouchon a sauté ! 13h11 - 11 Juillet 2014 - Photo Erwan Corre
Il faudra plus de 3 minutes pour stopper l'hémorragie - 11 Juillet 2014 - Photo Erwan Corre



J'ai tout mis en "ligne", et j'ai signalé le problème à la SEMTCAR, qui gère le chantier.

Bon, la SEMTCAR a répondu "rapidos" (tu m'étonnes !).

3 heures après, en fait... Un bon timing, comme quoi, il y a du monde à la com' !

Mail de la SEMTCAR du 11 juillet 2014, à 17h32...

Extrait :

Bonjour,
...

Enfin concernant ce que vous avez appelé un « incident de chantier », voici, en termes polis, ce qui s'est passé : suite à une erreur de manipulation, de la bétonite a débordé d'un silo et coulé dans l'emprise. Il s'agissait donc d'un évènement interne au chantier, sans conséquence pour l'environnement extérieur.

Cordialement


Thierry Courau
Directeur de la Communication



Merci beaucoup pour ces précisions...

Bref, comme je le disais auparavant : tout cela est sans conséquence.

Mais, quand même, tout cela n'est pas très rassurant !

Et, effectivement, rebelote ce mercredi 23 juillet... Le même silo a fuité...

Mais là, je n'ai pas la photo...

Et que dire de ma pauvre voisine aspergée de bétonite samedi matin dernier : vêtement, visage, cabat... Après un geste un peu mal contrôlé lors du nettoyage des machines... Ainsi que la devanture du Bar le Saint-Germain, du Seven et du 7 Peccati, aspergés régulièrement par des projections de même acabit... Sans parler du store dégradé du Bar le Saint-Germain, là aussi au kärcher le lundi matin 21 juillet...

Bref, pour malgré les dénégations de la SEMTCAR concernant les travaux sur le chantier qui se cantonneraient à l'emprise du chantier, on peut dire que ça déborde un peu...

Fresque murale un peu saccagée par les débordements de bétonite du chantiers... 17 juillet 2014 - Photo Erwan Corre

Les projections de galette de bétonite sur la devanture du Bar le Saint-Germain- 6 juin 2014 - Photo Erwan Corre


Puis, ça continue... Lundi 4 août...


Là, ce sont 3 silos qui fuitent... Et bien ! Encore....

Nouvelle alerte, ça fuit à tout-va...

Les traces encore coulantes sur les silos...

Lui , il a eu chaud...

Tout cela commence à faire beaucoup !

Évidemment, j'envoie un mail à la SEMTAR... mais, on est en France, en plein mois d'août...


Mais en voici la teneur :

"Monsieur Courau,

il y a encore eu des soucis cet après-midi sur le chantier, la semaine dernière aussi d'ailleurs.
Je sais que l'équipe est charrette, mais c'est pas une raison pour faire n'importe quoi...
Ici, sur la Place, on commence à s'inquiéter sérieusement...
C'est prévu pour quand la fin de cette première phase du chantier ?

Merci de me répondre à ces sujets.

Cordialement"

J'attends toujours une réponse...


Articles connexes :
10 avril 2014 - Premier incident majeur sur le chantier du métro Place Saint-Germain !
04 mai 2014 - Troisième incident majeur sur le chantier du métro Place Saint-Germain !

Plus d'infos :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Saint-Germain_métro_rennais
Le site de Rennes Métropole