Vous pourrez retrouver ici des informations sur la Place Saint-Germain et notamment sur les travaux de la nouvelle ligne de métro qui doit profondément modifier le visage de cette si belle place
Le temps passe, les projets avancent et là, concrètement, en surface, se sont toutes les rues accédant à la Place Saint-Germain qui sont en travaux depuis le début de l'année 2019...
Les travaux du chantier de la ligne B (en fait, après enquête, on doit dire « Ligne b », avec un petit « b » donc... comprenne qui pourra...) du nouveau métro de Rennes sont bien avancés et depuis plusieurs mois la Place Saint-Germain est beaucoup plus calme, tout se passant désormais essentiellement en sous-sol. Seuls les norias de camions rythment parfois la vie du chantier, et c'est surtout le nombre de voitures présentes dans l'enceinte du chantier qui permettent de juger de l'importance de se qui s'y passe de manière invisible pour nous...
« La place Saint-Germain de Rennes en mai 2019 » - Photo Erwan Corre
Après la rue de Corbin, qui a eu l'honneur de connaître les premiers travaux de voirie et de chaussée (même si toute la rue n'est pas totalement « traitée », bizarrement...), c'est désormais, après le trottoir contournant le sud de l'Église, la rue du Vau Saint-Germain qui est en chantier ! Je le sais, c'est pas très glamour comme nouvelle, mais je n'ai que ça à raconter ces temps-ci... Et en même temps, c'est travaux me semble quand assez important pour que j'en parle car ils vont changer de manière notable l'aspect et la physionomie du quartier...
La Place Saint-Germain vue depuis le quai Emile Zola en mai 2019... Photo Erwan Corre
La rue du Vau Saint-Germain est plus passante que les premières et les nuisances sont certaines, radicales : les camions qui livrent le granite - breton : Ouf ! - et les scies à diamants dès 9h du mat' ! Et la voie obstruée pour les travaux... Un guidage aléatoire du chemin praticable, des allers-retours entre les barrière... Moi j'aime bien, ça fait labyrinthe, pour peu que l'on ait un peu de temps à perdre à se perdre - oh ! si peu... - et de reprendre conscience de l'importance d'une voirie civilisée et si évidente qu'elle en devient charnelle...
Rue de Corbin (Janvier 2019)
Les ouvriers à l'œuvre rue de Corbin... - Photo Erwan Corre
Ça va vite... Des lignes droites, tout en granite breton... local !
Bon, là, c'est la portion la plus facile...
Rue du Vau Saint-Germain (Mars 2019)
L'équipe en plein travail ! Courage les gars ! 22 mars 2019 - Photo Erwan Corre
Rue du Vau Saint-Germain (Mai 2019)
Au cœur de la tourmente...
En fait, les seules choses notables sur la Place Saint-Germain ces temps-ci viennent surtout d'élément extérieurs... et bien sûr de citer les événements liés à la contestation des Gilets Jaunes !
Anecdotique pour certains, fondamental pour d'autres, historique sûrement, ce mouvement multiforme qui regroupent régulièrement de nombreux protestataires dans le centre-ville de Rennes amène souvent des épisodes plus ou moins réjouissants aux abords de la place « en marges des manifestations », comme on le dit pudiquement...
Plus précisément, ce sont des cortèges pacifiques avec quelques slogans bien sentis... Des mouvements de foules souvent désordonnés lorsque les forces de l'ordre dispersent les contestataires après les premiers débordements du côté de la place de la République... Souvent, c'est simplement la gêne provoquée par le blocage de la place et de ses alentours par les CRS qui ne laisse rien passer...
C'est souvent pénible, et de constater que parfois on se croit même être dans un état en guerre...
Il y a même des explosions de grenades sur la Place !
Dispersion et mouvement de foule à 15:59 sur le Place Saint-Germain - Sur YouTube...
Et une atmosphère étrange... et même irrespirable !
Manifestation des Gilets Jaunes à #Rennes pour l'Acte 15 ! 😮
Il y a de la fumée qui passe partout dans le centre ville... Feux de poubelles, lacrymos... On se sait plus...
Par contre, le bruit étouffant de l'hélicoptère des GM est encore plus oppressant ! #ActeXV#GiletsJaunespic.twitter.com/fulu8rbg4A
Finalement, à la fin de cette journée survoltée, qui a vu de nombreuses violences, matérielles mais aussi physiques, je fis une belle rencontre sur la passerelle Saint-Germain - encore fumante -, une belle dame, une voisine, d'un certain âge, mais avec toujours une bonne volonté pour soutenir une cause populaire !
« J'ai connu mai 68 ! », me dit-elle...
Et je la crois ! (d'autant plus que je suis né après... en septembre ! ;-))
Et pour la décoration qui devait être réalisée aux abords du chantier ?
Il y a déjà un bon moment que plus aucune intervention officielle d'artistes et de graffeurs n'est apparue aux abords du chantier... C'était une promesse de la Municipalité pour donner un peu de couleur et de gaieté notamment sur les palissades du chantier pour laisser libre cours à un peu de créativité et de raison pour passer dans le coin pour ceux qui n'y passent jamais...
Depuis 1 an et demi, il n'y a plus rien : RIEN !
Même l'art sauvage s'y fait plus rare, et à part quelques tags nullissimes, la Place Saint-Germain n'attire plus personne car elle n'a plus aucune visibilité dans le paysage du centre-ville rennais...
Si, seul clin d'œil rapide pour la finale de la coupe de France de football, cette bannière... Tellement discrète que même moi je ne l'ai même pas remarquée, ni photographiée... Mais qui ne m'inspire qu'une fois de plus indignation et réprobation car pour cette cause - la Finale ! - la Mairie a du pognon à mettre pour flatter sa population, le peuple, enfin, la populace quoi !...
Mais pour nous, ici, il n'y a plus d'événement, plus de vie, et même plutôt la mort (no comment : ceux qui savent comprendont)... Attendre que le temps passe, faire le dos rond, et penser à ceux qui partent peu à peu sous nos yeux, sans un mot, parfois sans regret...
Ah ! Enfin un peu d'inventivité dans le slogan ! J'avais pas fait gaffe, mais il est bon : « LA PSG SOUTIENT LES ROUGE & NOIRE. » Photo de Lesterbrome sur Twitter - 24 mar
Seules quelques petits pochoirs, sans grande technique, mais si inspirés, si romantiques, nous redonnent par moment quelques plaisirs dans nos parcours quotidiens dans les ruelles du quartier !
Derrière l'Église, avant la rue Derval, la gamine, si bienvenue... Elle attend le soleil de l'été...
En tout cas, c'est notre histoire !
« Et pendant ce temps... Notre histoire à tous avance... »
A suivre...
Petit bonus photo :
L'église Saint-Germain... et son beffroi !
« Un autre point de vue sur l'église Saint-Germain ! »
Il y a bien longtemps, il existait une rue Saint-Germain !
Enfin, il n'y pas si longtemps que cela... La rue fut rebaptisée rue Capitaine Alfred Dreyfus en 1978 !
Cette Rue Saint-Germain / Rue du Lycée / Rue du Capitaine Dreyfus mérite notre attention car elle fait partie depuis toujours de la vie de notre bonne Place Saint-Germain car elle permet d'y accéder depuis le sud de la ville... et à condition de franchir la Vilaine ! Et voici donc son histoire, passée et actuelle, qui va sûrement vous intéresser ! Et je pourrai d'autant mieux en parler que j'ai moi-même habité dans cette charmante petite rue !
La rue Capitaine Alfred Dreyfus vue depuis la Place Saint-Germain - Novembre 2018 - Photo Erwan Corre
Allez, c'est parti !
Un peu d'histoire...
Le plan du quartier par Hévin vers 1690... La rue Saint-Germain, le porte fortifiée et les remparts...
On parle de la Place Saint-Germain mais une place n'est jamais que le point de conjonction de plusieurs rues qui y mènent... Qui fait l'un, qui fait l'autre ? Le hasard ? Je n'y crois pas. La nécessité, peut-être... L'habitude, sûrement ! On ne sais pourquoi mais ce qui est sûr c'est que la Place tient son nom de son église, de sa paroisse en fait... Et en plus de la Place, il y avait une rue qui y menait... Parlons-en...
A la limite de la ville ancienne...
Tous les Rennais le savent, la ville a failli disparaître entièrement sous les flammes d'un incendie qui dura 6 jours en décembre 1720 ! Six jours de drames, de peurs, de destructions, de chaos au sein de la populace... A la fin, 40% de la ville est en cendre... Comme le dira Claude Nières en fin observateur : en cet hiver, le centre de Rennes, qui n'avait guère changé depuis le Moyen Âge était « un bûcher merveilleusement préparé »...
« Le feu après cela se partagea en quatre endroits et fit de si grands progrès que les trois jours et les trois nuits suivantes, c'est à dire jusqu'au 26, il mit eu cendre Le pied du Mesnil, le grand et le petit bout de Cohue. Les porches qui furent brûlés pour avoir voulu épargner la maison du Procureur Morfouace, la rue Saint-Michel, la cour de Rennes, une grande partie du Champ Jaquet, la rue des Prones, une partie de la rue au Foulon, La rue de la Charbonnerie, un costé de la rue Saint-Germain, de la basse Baudrairie, toute la haute Baudrairie, Les deux tiers de la poissonnerie, partie de la rue du four du chapitre; les deux tiers de la rue de la nonnerie, L'église Saint-Sauveur, qui venoit d'être achevée de bâtir, et le gros horloge qui estoit un des plus beaux morceaux... »
Incendie de la ville de Rennes en décembre 1720
M. De Jacquelot - Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest (1909)
Le feu s'est donc étendu jusqu'au faubourg Saint-Germain et l'on voit bien encore aujourd'hui à travers l'urbanisme du centre ville les limites de la zone reconstruite avec ses rues bien droites au regard des rues sinueuses du passé médiéval comme sur le plan ci-dessous...
Le plan du quartier en 1829... La rue Saint-Germain se dessine bien et la Vilaine n'est pas un obstacle...
Une histoire très ancienne...
« À l’heure actuelle des connaissances, les chercheurs n’ont pas découvert d’image de la ville de Rennes antérieure au 16e siècle autre que la broderie de Bayeux. »
Au-delà de la Place Saint-Germain, aujourd'hui située au cœur de la ville de Rennes, il existe tout un réseaux de voies dont l'une qui traversait la Vilaine depuis le sud pour y accéder. Cette voie, aujourd'hui matérialisée par une nouvelle passerelle piétonne posée en 1991 et qui prolonge la rue du Capitaine Dreyfus, s'appelait auparavant jusqu'en 1792 la Rue Saint-Germain ! (La Révolution ayant eu tendance à cette époque à laïciser les noms des rues et même de certaines villes...). La rue changea de nom en honneur au Capitaine Dreyfus en 1978, et parce que son second procès en révision durant l'été 1899 se tînt au Lycée tout proche...
Rue du LYCÉE (Rennes - Canton du Sud-Est) - Paul Banéat (Édition de 1923)
Une des portes de la ville de Rennes...
Cette rue Saint-Germain avait en fait un rôle important dans le réseaux routier ancien car elle permettait d'accéder au centre de Rennes en venant du sud-est... Depuis très longtemps... On sait que cette voie antique allant vers Angers passait là et qu'un gué puis un pont franchissant la Vilaine en face de l'église, dans l'axe du transept sud (cité dès le XIIIe siècle) ont toujours existé, et qui donc permettait d'accéder à la ville, et même, par la suite, par les portes de la seconde enceinte construite en 1426 et redécouvertes 2009.
« La passerelle de Saint-Germain» par Paillard Père - Vers 1840...
Un passé désormais oublié...
Ce passé médiéval hante toujours les lieux très concrètement... Tout près, la rue du Vau Saint-Germain, la rue de Corbin, la rue Derval (où un linteau de porte d'entrée mentionne l'année 1664) montre encore de nombreuses maisons à colombage mais c'est surtout la rue Saint-Georges qui demeure la plus impressionnante ! Pour l'ancienne rue Saint-Germain, il demeure encore aujourd'hui, au sud, dans la rue Dreyfus, les numéros 2, 4 et 6 qui présentent encore leur caractère ancien... mais ces trois immeubles - hors du secteur ancien désormais préservés - sont voués à disparaître prochainement... (cf. ci-dessous...)
Les numéros 2, 4 et 6 de la rue Dreyfus, là en 2018... et qui vont bientôt être démolis...
Transportons-nous en un voyage immobile vers ce passé lointain qui disparaît encore aujourd'hui sous nos yeux... Et citons notre mentor Paul Banéat qui redonne vie à travers son ouvrage « Le vieux Rennes » à un passé qui demeure grâce à lui dans nos esprits :
Et des cartes postales anciennes...
Ici, le saut dans le passé est vertigineux ! Nous disposons de quelques photos anciennes de la rue Saint-Germain / rue du Lycée / Rue Dreyfus... Aujourd'hui certaines d'entre elles sont conservées dans le fonds du Musée de Bretagne... et elles sont depuis peu disponibles sur leur site internet !
C'est photos sont fantastiques et frappent par la différence entre aujourd'hui et hier, ce qui demeure et ce qui a changé...
La rue Vasselot à gauche... et la début de la rue du Lycée... En 1904 !
La rue du Lycée... On remarque le changement d'enseigne avec la photo précédente...
Le parvis de l'église Toussaints... C'est l'heure de la sortie de l'école...
2010 - Au numéro 6, une catastrophe... qui va durer plus de 8 ans...
Alors en partie en cours de rénovation, l'immeuble situé dans la cours intérieur - où j'ai habité quand j'étais étudiant - et celui donnant sur la rue ont soudain montrés des signes manifestes de faiblesse structurelles. Rapidement sur place, les experts envoyés par la Municipalité sont dans l'obligation de délivrer et de faire évacuer tous les habitants des 2 immeubles qui, il faut bien l'avouer, sont très anciens, à la structure en bois et qui ont connus de nombreux aménagements au fil des siècles sans pour autant se soucier des éléments essentiels comme les fondations... Une première évacuation avait eu lieu le 4 mars... Puis, malgré quelques espoir, l'abandon définitif est acté le 12...
« Je m'en souviens bien. On était en plein service et on avait pas mal de monde. Un huissier est venu et nous a dit qu'il fallait évacuer l'immeuble sur le champ car il menaçait de s'effondrer. On a dû mettre tous nos clients dehors et on n'a jamais pu rouvrir la boutique ».
Pascale et Catherine, responsable du « Thé au Fourneau »...
Lire l'article en ligne 20minutes.fr (06 Mai 2015)
Pascale et Catherine ont ouvert Le Thé au fourneau il y a 23 ans - Photo DR - MaVille
Installées depuis 1987 au numéro 6 de la rue du Capitaine Dreyfus, Pascale et Catherine avaient dû faire leurs valises et fermer définitivement leur café. Même peine pour qui venait juste de reprendre le « Scarron » à Guy et Hélène... où j'avais mes habitudes...
Le triste état des immeubles du 6, rue Capitaine Dreyfus depuis 2010...
Au début...
La cour intérieur du bâtiment, livré aux volatiles...
Puis plus tard...
Puis le temps qui passe... et la nature qui reprend ses droits...
Il ne manque plus que quelques cerfs et daims...
Là aussi...
Dans le bâtiment donnant sur la rue, l'escalier multiséculaire se dégrade peu à peu....
Et vu depuis la rue...
Le 6, rue Capitaine Dreyfus complètement fermé en 2017...
« Le Thé au Fourneau »... Avant...
Le bar « Le Casa » anciennement « Le Scarron »... Avant...
Le panneau d'information d'une violence inouïe : « Démolition totale »...
2017 - Un nouveau projet en vue...
Finalement, c'est le groupe immobilier régional Bâti-Armor qui va récupérer le bébé...
« C'est officiel, la rue Dreyfus va se redessiner avec le projet de
l'architecte Bruno GAUDIN, retenu parmi 4 propositions après concours. »
La rue du Capitaine Alfred Dreyfus en Novembre 2018 - Photo Erwan Corre
On peut s'en douter, cette destruction/réhabilitation pose problème... Comme partout à Rennes, les chantiers se multiplie malgré la crise... Boulevard Maginot, rue de l'Alma, Boulevard de Metz, Boulevard Voltaire... Partout à Rennes, les immeubles standardisés tout en béton hiddeux sortent de terre sans cohésion urbanistique (le PLU reste minimaliste...) et sans respect pour la tradition architecturale locale... A quoi bon ? Sinon gaver les promoteurs avides et froids devenus fous avec l'arrivée de la LGV et des investissements promis par le pouvoir d'achat des Parisiens qui peuvent maintenant se dire que Rennes est devenue partie intégrante de la capitale...
Ici, le démarrage des travaux est prévu fin 2019 pour une
livraison fin 2021... Mais les délais seront-ils respectés ?
En tout
cas, ce nouveau chantier aux abords de la Place Saint-Germain ne va
sûrement pas faciliter la vie de tous les jours pour les riverains et des commerces du quartier... Le Marché du mercredi matin, les boutiques en face sous les arcades comme
celle de mon ami Aziz« Rennes d'Arabie »... Sans compter les deux
échoppes de coiffure qui vont devoir migrer pendant toute la durée des
travaux... Mon coiffeur m'a rassuré : il devra déménager mais est d'ors-et-déjà
assuré de pouvoir regagner son emplacement une fois les travaux
terminés... soit dans 2 ans au minimum... comme si la situation n'était pas assez difficile comme cela...
Le 6 rue du Capitaine Alfred Dreyfus en Février 2019 - Photo Erwan Corre
Addenda (01)...
Juin 2020 : Les travaux ont commencé...
La déconstruction des immeubles de la rue Capitaine Dreyfus a commencé... - Photo Erwan Corre
Véritable lanceur d'alerte et n'hésitant pas à porter assistance à toute personne saisissant la justice pour les affaires qu'elle considère comme portant préjudice au patrimoine bâti de la ville (et dieu qu'ils sont nombreux depuis plusieurs années !), elle a bien évidemment émis son opposition ferme au projet tel qu'il a été monté :
« Les Amis du Patrimoine Rennais dénoncent l’atteinte insoutenable au patrimoine que représente la destruction des immeubles du XVII° au XIX° siècle des 4 & 6 rue du Capitaine Dreyfus dont les extérieurs ne révèlent pas assez la qualité des joyaux intérieurs architecturaux tels des cheminées, escaliers, charpentes qui leur ont valu d’être dotés de trois étoiles, le maximum possible pour l’architecture et l’histoire, dans le répertoire annexe au PLUI Rennes Métropole.
La Ville de Rennes s’était arrangée pour accorder le permis de démolir avant la révision du PLU-PLUI en 2018 & 2019 contre l’avis de l’Architecte des Bâtiments de France représentant l’Etat mais avec l’assentiment arbitral du préfet. Depuis, la Ville de Rennes s’est engagée par les réglementations du nouveau PLU-PLUI entériné en décembre 2019 à préserver totalement les bâtiments dotés de trois étoiles au PLU.
Tant pis pour les monuments remarquables qu’elle a rétrogradés à deux étoiles et pour lesquels elle aura moins d’égards. Elle peut être certaine que les Amis du Patrimoine Rennais seront très attentifs à ce que les engagements soient respectés. »
« Une atteinte insoutenable »... C'est peut-être excessif mais ce qui est certain c'est que, du fait de se situer juste en dehors du secteur sauvegardé du centre ancien de Rennes, ce nouveau projet bafoue largement les standards en terme d'architecture et de traditions locales (gabarit, matériaux, aspect global) et modifiera ce point du quai Émile Zola, l'un des lieux les plus beau de la ville avec ses nombreux immeubles de type haussmannien datant du XIXe... Mais après tout, l'exemple a déjà été montré avec l'immeuble « Le Persan » qui se trouve juste en face de l'autre côté de la Vilaine : un projet qui lui-même a dû être maintes fois remanié avant d'aboutir à une construction terne et visiblement hors-sujet...
L'immeuble « Le Persan » en construction en Janvier 2020
Quel avenir pour la rue Dreyfus ?
Comme pour toutes les villes (et les hommes), le temps passe et les changements adviennent, inexorablement. C'est l'architecture qui marque véritablement les vies d'une ville... Contrairement à la Place Saint-Germain qui subit de graves dégâts lors des bombardements de 1944, ici c'est plus l'âge et la vétusté des maisons anciennes qui ont modifié la physionomie de la rue Dreyfus essentiellement dans les années 1980/90... On appréciera ici la volonté des architectes de tenter de conserver une part de la mémoire en donnant des volumes et des formes rappelant ceux des bâtiments précédents...
Comme beaucoup de secteurs du centre ville de Rennes, il est envisagé de rendre la rue Dreyfus (et ses abords) plus accueillante, plus apaisée, bref, plus verte... C'est surtout la petite place devant l'Église Toussaint, où se tient actuellement le marché du mercredi matin (et accessoirement surnommée la place des 4 vents...), qui est l'objet d'une attention particulière...
« Vous le voulez comment votre cœur de Rennes ? Du 10 au 30 septembre, découvrez le centre-ville de Rennes autrement »
Une première approche a eu lieu le week-end de la fin septembre 2018 dans le cadre de l'opération...
« Testez votre cœur de ville en mode zen... »
La place de la Toussaints temporairement rendue aux piétons...
Un peu de verdure et un lieux de détente... à la place du parking...
En attendant ce futur enchanteur, des travaux ont déjà eu lieux début 2017 et notamment pour le remplacement des lampadaires et candélabres... Tout carrés, modernes, noirs, austère, l'art moderne de ce mobilier urbain minimaliste est ici tristement sobre... Sans compter ces deux aiguilles sombres posés sur la placette et qui dardent vers le ciel et qui sont à mon goût laides voire même violentes par leur agressivité inutile, surtout placées dans cet environnement... Mais leur remplacement était rendu nécessaire : « éclairage par LED » oblige...
Des lampadaires digne d'un décor de Star Wars...
De nouveaux lampadaires donc, alors que les précédents étaient très bien, plus « classique » en fait...
La rue du Capitaine Alfred Dreyfus en 2013, avec son lampadaire « classique »...
Notre petite excursion se termine, et l'on s'en retourne vers la Place Saint-Germain...
Addenda (02)...
En cet été 2020, les travaux de destruction ont commencés...
Depuis le 22 juillet, les opérations de destruction des immeubles anciens du 4 et 6 rue Capitaine Dreyfus ont commencé... Avec un pincement au cœur, je revois l'ancien appartement de mon amie Karine ici éventré - au deuxième - et qui montre la belle cheminée où nous avions pris si souvent de bon repas...
Vue depuis le Quai Émile Zola... Le 23 Juillet 2020
L'immeuble éventré, et les anciennes cheminées... - Photo Erwan Corre
Sous le regard ébahi des passants, les travaux en cours... - 27 Juillet 2020 - Photo Erwan Corre
« La période estivale est toujours la meilleure pour procéder aux basses besognes comme les arrachages d’arbres ou démolition du patrimoine. Depuis quelques jours, les pelleteuses sont en action rue du capitaine Alfred Dreyfus. Sous le regard de nombreux passants, elles y démolissent des vieilles bâtisses, jugées pourtant remarquables par la municipalité… »